Maintenant qu’il faut tout le temps nuit sur toi, de Mathias Malzieu


Salut tout le monde,

Je reviens vers vous pour une chronique littéraire. En effet, je me suis aperçue que je n’avais jamais chroniqué Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, de Mathias Malzieu. J’ai donc voulu réparer mon erreur. Ainsi, j’aurais chroniqué tous les romans de l’auteur.

° Les informations techniques.
Titre : Maintenant qu’il faut tout le temps nuit sur toi.
– Auteur du livre : Mathias MALZIEU.
– Éditions : J’ai Lu.
– Genre : conte.
– Nombre de pages : 151 pages.
– Date de publication : 1ère édition de septembre 2006 ; édition d’avril 2011.

° L’histoire (quatrième de couverture).
« Mathias, une trentaine d’années mais une âme d’enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu’il rencontre sur le parking de l’hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4.50 mètres, « docteur en ombrologie », soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur… Il le fera grandir.

Mathias Malzieu nous entraîne dans un monde onirique, intimiste et poignant, dans la lignée d’un Lewis Carroll ou d’un Tim Burton ».

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

Crédits photo.

° Mon avis.
Forcément, Mathias Malzieu est un auteur que j’affectionne tout particulièrement. J’avais donc très envie de découvrir ce roman.
Pourtant, je ne vous cache pas que j’ai été un peu déçue et je vais vous expliquer pourquoi.

Tout avait bien commencé, si je puis le formuler ainsi. En effet, l’auteur vient de perdre sa mère. Elle est partie à 19h30. « Dans l’horloge de ton cœur, la petite aiguille ne remontera plus jamais vers midi » (page 13).
C’est une épreuve très douloureuse. A l’hôpital : « il est interdit de s’écrouler » (page 15).
L’auteur se sent vide. Il a tellement mal. « C’est effroyable le bruit d’un coeur qui se casse » (page 16). Perdre sa mère est toujours une épreuve horrible. « Ça ne s’enlève pas une maman » (page 16).
Le corps du narrateur est vivant, mais son esprit ne semble plus vraiment là. « Je suis mécaniquement vivant, puisque mes doigts bougent et que mes yeux clignent » (page 18).

L’auteur ne s’en sort pas, jusqu’au jour où il fait la connaissance de Jack-le-Géant, docteur en ombrologie. Il a une scoliose, comme tous les géants. Le Géant donne une ombre à l’auteur pour tenter de l’aider à faire son deuil.
Faire le deuil de sa mère est un combat que l’auteur doit mener seul : « le combat de l’intérieur, tu dois l’effectuer seul » (page 34). Mathias Malzieu rajoute cette phrase que je trouve juste et magnifique : « se battre contre la mort ne veut pas dire aller la voir de près. La seule manière de tuer la mort, c’est de rester en vie » (page 34).
Le narrateur a dû mal à imaginer sa vie sans sa mère. Il aimerait tant la revoir. « Chaque recoin est habité » (page 39).
Les funérailles sont douloureuses. Il faut choisir certains éléments et s’occuper de tout. Ce sont des moments difficiles.

L’auteur se rappelle également de souvenirs concernant sa mère. Elle écrivait des poèmes à la soixantaine et faisait de l’excellente cuisine espagnole. Sa cuisine lui donnait envie de danser. « Il y a bien les souvenirs, mais quelqu’un les a électrifiés et connectés à nos cils, dès qu’on y pense on a les yeux qui brûlent » (page 12).
La période est Noël est presque insupportable. Cette fête est différente désormais. L’auteur est triste parce que sa mère est encore dans ses pensées. « Je n’accepte rien mais je réaliste » (page 98).

Une nuit, le narrateur va passer la nuit au cimetière. Il espère ainsi que sa mère va lui faire une signe, un geste. Mais il n’en n’est rien. C’est difficile pour lui de constater que rien ne se passe. « Vous pouvez combattre votre propre mort, mais pas celle de qui que ce soit reposant ici. Il faut accepter, monsieur » (page 100).
Jack-le-Géant fait une apparition la nuit avec des ombres. Il a sauvé l’auteur au cimetière l’autre soir. Pourtant, ce n’est pas suffisant. Le narrateur veut voyager au pays des morts pour revoir sa mère. Plus rien d’autre ne compte. « Les ombres sont les portes du pays des morts » (page 115). Le narrateur souhaite passer à travers les ombres en tant que vivant (page 116). Il finit par passer derrière les ombres avec l’aide de Jack-le-Géant. Le narrateur a fabriqué une ombre avec ce dernier. Il espère tant voir sa mère grâce à ce stratagème.
Une fois arrivé au pays des morts, il réalise que tout est froid, même une rivière à -147° (page 129).
Jack et le narrateur entendent parler d’une dame qui fait des pâtisseries. Ils veulent la retrouver. C’est peut-être la mère du narrateur. Il doit apprendre à voler pour se rendre là-bas. Il y parvient tant bien que mal mais n’arrive pas à destination. Il se prend en effet un arbre et n’a pas pu voir sa mère.
Une fois rentré chez lui, Jack lui fait réaliser qu’il n’a plus besoin de son ombre désormais. Jack a bien fait son travail. Il reste un travail de deuil à faire pour le narrateur, mais cela ne l’empêchera plus d’avancer dans la vie.

C’est un bien joli roman mais j’ai eu dû mal à accrocher à cet univers un peu trop farfelu à mon goût. Le thème du deuil est très violent, très rude alors je m’attendais à une autre fin. J’imaginais que le narrateur aurait pu revoir sa mère, mais non. Je me suis prise une claque violente en pleine figure. A quoi bon voyager et voguer vers des univers poétiques si la fin est si brutale ?
Le style est fluide, comme toujours. Il est léger, poétique et musical, ce qui adoucit un peu cette épreuve douloureuse. L’histoire est sacrément originale, je n’y aurais jamais songé. J’ai senti la douleur de Mathias Malzieu tout au long du roman, et comme j’ai moi aussi perdu des êtres chers à mon cœur, j’ai été parfois retournée par certains passages de ce livre. Pourtant, cet univers fantaisiste et ces histoires d’ombres n’ont pas su me séduire à 200%. La rencontre de l’auteur avec le Géant m’a semblé tellement curieuse et irréaliste. Certes, Mathias Malzieu écrit des romans pas du tout réalistes, mais pourtant, ils me semblent plus ancrés dans la réalité habituellement ; je m’y reconnais davantage, j’ai dû mal à expliquer pourquoi mais c’est ce que je ressens.
Finalement, j’ai été assez dérangée par le mélange de réalisme et de surréalisme dans le roman. C’est déroutant, déconcertant et je n’ai pas vraiment apprécié.

°°° En bref, c’est un bilan mitigé me concernant pour ce roman de l’auteur. Habituellement, je suis folle de sa plume. Cette fois, c’est différent. Si j’ai été touchée par ses remarques sur le deuil d’un être cher à notre cœur, j’ai bien moins adhéré au côté irréaliste du roman. Si vous adorez cet auteur, je vous conseille de lire ce roman, mais sinon, je vous recommande plutôt La mécanique du cœur, Métamorphose en bord de ciel ou Le plus petit baiser jamais recensé.

Voilà pour aujourd’hui !
J’espère que cet article vous aura plu !

~~ Et vous, avez-vous lu ce livre ?
~~ Si oui, qu’en pensez-vous ?
~~ Si non, l’histoire pourrait-elle vous plaire ?
~~ Appréciez-vous la plume de Malzieu en général ?

Je vous souhaite une bonne fin d’après-midi, à demain pour une nouvelle chronique !

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2 commentaires sur “Maintenant qu’il faut tout le temps nuit sur toi, de Mathias Malzieu

  1. frootloops sur dit :

    ça fait un petit moment que je l’ai lu mais j’ai bien aimé cette ambiance propre à l’auteur, ça change de ce que j’ai l’habitude de lire

    bisous ma belle ^^

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